jeudi 18 avril 2019

Notre-Dame du quinze avril.





Le crépuscule est d’incendie,
De cendre et de pierre noircie,
Il est de douleur et de deuil
Et nos larmes pour tout accueil.

Il est de prières unies
Comme de peine démunie,
Il est d’angoisse comme au seuil
Où l’homme abjure son orgueil ;
Le crépuscule est d’incendie.

Il est de croix et d’agonie,
Il est de tristesse infinie
Et, devant ce qui s’offre à l’œil,
De regrets de n’être au cercueil ;
Le crépuscule est d’incendie,
De cendre et de pierre noircie.

                               ***

jeudi 21 mars 2019

De quelques réflexions.




Mon Dieu ne m’a rien dit[1] mais tellement donné,
Et ce fut par les mains de Sa Très Sainte Mère,
Dans la tribulation et les heures amères…
Les cloches pour cela n’ont toujours pas sonné,
Nul ne le sait que moi qui compose ces rimes
D’un poème tranquille aux mots reconnaissants,
Fidèle convaincu mais guère obéissant
Qu’à Vos lois cependant Votre patience arrime.
Mon Dieu, Vous le savez, je suis ce que je suis
-Ce qui n’est pas grand-chose- et malgré tout sincère,
Tant qu’à m’examiner j’ai le cœur qui se serre
En songeant à la mort et à ce qui la suit.
A pareille anxiété je ne vois qu’un remède
Efficace et certain, et c’est que Vous m’aidiez.
A ses défauts, mon Dieu, qui saura remédier
Si Vous lui refusez la grâce de Votre aide ?
Trop certain de l’échec, qui persévèrera ?
Nous sommes bien conscients de nos propres faiblesses
Qu’aggravent de surcroît le doute et la paresse
Mais à terre, hormis Vous, qui nous relèvera ?

                               ***


[1] Allusion au fameux poème de Verlaine:                                                                                        "Mon Dieu m’a dit : « Mon fils, il faut m’aimer. Tu vois
Mon flanc percé, mon cœur qui rayonne et qui saigne,..."
dans Sagesse .

mardi 19 février 2019

Ce peu de mots...





Sainte Mère, aussi peu que ce qui suit,
Au milieu du désert de tous ces jours,
Au milieu du silence aigri des nuits
Pour vous redire encore notre amour.

Des mots qui seront maladroits et dans une langue si fruste qu’ils parleront bien mal de ce qu’on a au fond du cœur d’amour et de pensées à Votre endroit…

Il y faudrait des mots avec des ailes
Et des mots sautillants tels des moineaux,
Et des mots vifs comme des hirondelles,
Des mots joyeux ou graves mais nouveaux.

Des mots qui sous la plume emprunterait la douceur d’un duvet pour dire la tendresse et la bonté; Votre bonté, Votre tendresse, mais où trouver ces mots, des mots qui Vous diraient notre allégresse ?

Et puis aussi des mots de certitude,
Des mots de paix et des mots de confiance,
Comme la plaine aux soirs de plénitude
Des beaux étés, et des mots de patience,

De patience à la fois si tranquille et sereine sous Vos yeux de miséricorde, Très Sainte Reine,

Des mots qu’on n’ait pas encor prononcé,
Flamme nouvelle à la cire d’un cierge
D’éternité, d’un cierge haut dressé,
Brûlant en Votre honneur, Très Sainte Vierge.

                               ***                                                                       Ce texte, un prosimètre[1], a été écrit à la mémoire de Mère Marie-Emmanuelle, Prieure dominicaine récemment décédée. Daignez prier pour elle.


[1] Prosimètre : nom masc., texte faisant alterner parties en prose et parties en vers. Cette forme hybride est née dans la poésie en latin. En a notamment fait usage Boèce ( vers 480 – 524), philosophe, poète et martyr chrétien dans son ouvrage La Consolation de Philosophie écrit dans sa prison de Pavie en attendant sa mise à mort.