mercredi 24 juillet 2013

Sans Mesure.



Abbaye de Paray-le-Monial.


Je ne suis rien et Vous m'aimez assez
Pour écouter et consoler ma peine,
Pour me venir en aide et pour m'exaucer.
Je ne suis rien et Vous êtes la Reine
Des anges et des cieux, Mère de Dieu,
La Vierge Immaculée, avocate sereine
Des cœurs sans force et plus humains que pieux.
Votre miséricorde accueille, ô Mère,
Le moins croyant et le moins méritant
Pourvu qu'il Vous invoque en sa prière
D'un cœur confiant et d'une âme d'enfant.
Que le plus incertain me lise et se rassure,
J'atteste ici, après tant de bienfaits,
Que l'amour du Seigneur est sans mesure
Et qu'en Vous sont l'espérance et la paix.

                      ***
Musée de l'Oeuvre-Notre-Dame. Strasbourg.

vendredi 19 juillet 2013

Sous les Cieux.





Je m'en vais sous les cieux
Ne sachant trop que faire,
La Foi, ce bien précieux,
Me laisse solitaire;
Je ne vais pas vers Dieu,
Je ne suis pas sur terre.


J'ai gardé la prière,
Qu'est devenu l'espoir ?
Je cherche une lumière
Dans l'ombre de mes soirs,
J'ouvre grand les paupières
Sans parvenir à voir.

Je n'ai pas le courage
De m'en aller à mieux
Et tout ce que j'engage
C'est un coeur consciencieux
Quoique parfois volage
Et ces mots sur des pages
Qui s'imaginent pieux,
Avec eux pour bagage
Je m'en vais sous les cieux.

               ***

lundi 1 juillet 2013

Amélioration.



Pour satisfaire à la promesse
Il faut s'améliorer sans cesse.
Malgré ces recommandations,
Dans le meilleur des cas au fond,
Je n'ai guère été que passable,
Pas absolument charitable,
Et peut-être quelquefois bon, -
Ce ne fut que par exception.-
Que je sois saint, ma Sainte-Mère,
Ni Vous, ni moi, n'y croyons guère:
Je me contente de trop peu.
Mais haussez le ton s'il se peut
Et faites-moi quelques reproches,
En somme: "sonnez-moi les cloches",
Comme l'on dit vulgairement,
Car l'enfant que je suis vraiment
Voudrait au surplus qu'on l'instruise
Parfois qu'une main le conduise.

             ***

Château de Tournoël. Auvergne.

vendredi 28 juin 2013

Psaume d'Action de Grâce.



Château de Tournoël. Auvergne.


Dans la crainte ou dans la détresse
J'ai toujours prié le Seigneur
Et Lui, malgré sa petitesse
A regardé son serviteur.

Sur sa solitude et sa peine
Il a daigné jeter les yeux,
Il a changé en joie sa peine
Et du pire il a fait le mieux.

Il a affermi sa confiance,
Il a guidé partout ses pas,
Il a confirmé son alliance
A qui ne la méritait pas.

Aussi c'est un chant d'allégresse
Qui s'est élevé de mon coeur,
Un chant d'amour et de promesse
En action de grâce au Seigneur.

Qu'un pieux désir de vous s'empare:
Partout, ô vous, ses serviteurs,
Sur la harpe et sur la cithare,
Louez sans cesse le Seigneur.

Vous tous dont Sa miséricorde
A chassé les tourments,
Vous à qui le Seigneur accorde
De le connaître maintenant,

Clamez votre reconnaissance
Et dans un cantique nouveau
Que l'éclat de vos réjouissances
Eveille enfin tous les échos.

              ***

mardi 25 juin 2013

Psaume 124. Paraphrase.



Qui dans le Seigneur se confie
Ne sera jamais ébranlé.
Comme les remparts élevés
Et les hautes portes bâties
A Sion, pour la protéger,
Le Seigneur gardera sa vie.

Il ne laissera pas toujours
Le pécheur opprimer le sage,
Ni le juste dans l'esclavage
Mais il viendra à leur secours
De peur que certains ne s'engagent
Dans l'iniquité à leur tour.

Sur tous les hommes de droiture,
Seigneur, répandez Vos bontés
Mais ceux qui se sont détournés
Pour marcher sur les voies impures
De leur méchanceté,
Seigneur, n'en ayez cure !

            ***                                      (Psaume 124. Psautier monastique. Office de sexte.)

Eglise St. Etienne. Strasbourg.

lundi 24 juin 2013

La Source.




Vous êtes la source d'eau vive
Et la lumière de l'amour,
L'ombre douce au bord de la rive
Du fleuve agité de nos jours.

L'éclat tranquille de l'étoile
Qui nous rassure chaque soir,
La paix où l'aurore dévoile
Les certitudes de l'espoir,

Vous êtes le chant de la nef
Où la prière nous appelle
Et l'acmé d'un bonheur trop bref
Où votre royaume étincelle,

Vierge de la consolation,
Vous êtes la toujours clémente,
Celle qui calme les passions,
L’excès et la colère ardente,

La médiatrice de douceur
Et l’avocate consciencieuse
De nos petits et grands malheurs :
Vous êtes la Vierge très pieuse.

Vous êtes l'unique remède
A nos larmes, à nos malheurs,
Celle qui pour nous intercède,
Ô Marie, Mère du Sauveur.

               ***                                     (Sur un texte du "Psautier de Strasbourg".)


Transept de la cathédrale de Strasbourg.

dimanche 23 juin 2013

Saint Jean à Patmos.



St. Etienne. Strasbourg.
 
 
 
 
Voici que le temps est venu
Où le Seigneur ouvre ma bouche
Et voici les mots retenus
Dont le présent accouche:
 
Vous qui ne vivez que de l'être
Et d'apparence de raison,
Au petit jour qui va renaître
Regardez l'horizon.
 
Je vais vous montrer une aurore
Dont le sens vous est inconnu,
Un dernier jour, un jour encore
Que nul n'a jamais vu.
 
Car il aura cette lumière
Qu'à son commencement Je fis,
La première dit la dernière
Qui sera celle-ci.
 
Et vous saurez que Je me nomme
Ainsi: "Je suis Celui qui suis"
Et qu'il est enfin temps pour l'homme
De connaître son fruit.
 
           ***