jeudi 27 février 2020

Mercredi des Cendres.




Que cette trace en croix, grise des cendres,
Que tous, ce soir, vous arborez au front,
Grave en vos cœurs ce qu’il est bon d’entendre :
Que ce qui monte, un jour doit redescendre,
Que ce qui naît de même s’interrompt,
Et que, par cette croix, funèbre enseigne,
C’est Sa miséricorde et Son amour,
Que malgré vous, le Seigneur vous enseigne,
A vous, pêcheurs, que malgré tout Il daigne
Convier à Le rejoindre avant le dernier jour.

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vendredi 17 janvier 2020

Stabat Mater Dolorosa.




Devant Son fils mourant, le Vierge douloureuse
Se tenait sans faiblir ni douter de la Foi
Et se confiait en Dieu à l'ombre de la croix,
Devant son fils mourant d'une mort miséreuse.

Et la nuit qui tombait semblait si ténébreuse
Et le monde si vide et le chemin étroit
Que Jean, La soutenant, tremblait même de froid
De douleur et de peine et de craintes affreuses.

Les disciples enfuis avant même Sa mort,
Ne croyaient plus en rien et maudissaient le sort,
Marie seule espérait contre toute évidence.

Dieu dormait au sépulcre et les juifs à Sion,
Au fond du temple obscur régnait un lourd silence
Et l'heure s'approchait de la résurrection.

                         ***

jeudi 26 décembre 2019

La Rose Mystique.




Dans un maigre jardin, sous le ciel gris,
J’ai vu fleurir une rose en décembre,
Fleur de l’hiver et précieuse en esprit ;
Son image ce soir flotte en ma chambre,
Évocation d’un autre étonnement
Où hier naquit la beauté de ce monde.
Une rose en hiver, certainement
Bien peu de chose où pourtant moi je fonde,
Le cœur content, tout l’espoir de ma foi.
Et je souris à ce si peu de chose
Qui me montre si bien ce que je crois :
En plein hiver la beauté d’une rose…

                               ***       

mercredi 2 octobre 2019

Peut-être.



(Église Saint-Maurice - Lille.)


Toi qui t’en viens ici comme fidèle,
Qui  te veux tel, qui te crois telle,
Peut-être qu’une prière à genoux
Ou même un signe de croix et c’est tout
C’est important dans ces églises qu’on visite,
Mais en passant, pour l’art, pas pour le rite
Pour rappeler à qui passe où l’on est
Et le pourquoi de cet art qui lui plaît.
On n'en sait rien bien sûr mais c’est possible…
Et qu’un seul voie, entrevoie l’invisible
Ou simplement retrouve un souvenir,
Qui sait, qui sait, ce qui peut advenir…
Où que ce soit qui d’entre nous hésite
A faire ainsi je ne sais s’il mérite
D’être appelé disciple du Seigneur
Ou bien si tiède alors qu’il me fait peur
Lorsque je pense au jugement ultime,
A l’éternelle absence et à l’abîme[1].

                               ***       


[1] Matthieu 10,
32 C'est pourquoi, quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux;
33 mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux.