Poésie religieuse, catholique, tout particulièrement en l'honneur de la Très Sainte Vierge Marie.
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vendredi 17 janvier 2020
Stabat Mater Dolorosa.
Devant Son fils mourant, le Vierge douloureuse
Se tenait sans faiblir ni douter de la Foi
Et se confiait en Dieu à l'ombre de la croix,
Devant son fils mourant d'une mort miséreuse.
Et la nuit qui tombait semblait si ténébreuse
Et le monde si vide et le chemin étroit
Que Jean, La soutenant, tremblait même de froid
De douleur et de peine et de craintes affreuses.
Les disciples enfuis avant même Sa mort,
Ne croyaient plus en rien et maudissaient le sort,
Marie seule espérait contre toute évidence.
Dieu dormait au sépulcre et les juifs à Sion,
Au fond du temple obscur régnait un lourd silence
Et l'heure s'approchait de la résurrection.
***
samedi 20 avril 2019
Pâques.
I.
«- Frère,
dis-moi, comment cela s’est-il passé ?
J’étais à Tibériade avec les quatre mille
Qu’Il
enseigna trois jours et nourrit plus qu’assez
Avec sept
pains et de petits poissons graciles,
Et j’étais
là quand Il guérit le possédé ;
Il nous
illuminait, Il faisait des merveilles
Et l’on dit
qu’Il est mort, impuissant, dénudé,
Crucifié sur
le bois des hontes sans pareilles ?! »
« - Mon
frère, c’est ainsi, je L’ai vu s’en aller
Entouré de soudards,
houspillé par la foule,
Sans dire
une parole et j’étais désolé
En songeant
en mon cœur à tout ce qui s’écroule,
A l’espoir
que Ses mots faisaient lever en nous ;
Quand on l’a
mis en croix Il n’a pas fait un geste.
Lui dont
nous étions sûrs qu’Il pouvait vraiment tout,
On s’en
moquait, chacun avait la langue leste
Mais Il ne
disait rien. Alors je suis parti
Et j’étais
malheureux et j’étais en colère
Parce que,
comme toi, convaincu, converti,
J’avais
suivi cet homme et cru... pour rien, mon frère. »
Ainsi
parlaient entre eux, au soir du Vendredi,
Aaron le menuisier,
Dan le potier habile
Qui
contemplaient la nuit, affligés, interdits,
Et se
sentaient tous deux orphelins dans leur ville.
Déception et
chagrin pesaient lourd sur leur cœur
Et ces
croyants pleuraient dans la nuit de leur âme
Cette « Bonne
Nouvelle », invention d’un pasteur
Impuissant
et muet, mort d’une mort infâme.
II.
Le samedi passa,
nous rêvions d’oublier
La foi, l’enseignement
et les mois inutiles,
Dan le
potier habile, Aaron le menuisier,
Avec eux,
moi, Yaacov, le pauvre à la sébile
Et dans
Jérusalem tous ceux qui L’avaient cru.
Le samedi
passa, la nuit couvrit la terre
Partout, d’un
calme obscur, d’un silence têtu,
D’un sommeil
aussi lourd que celui de la pierre.
Quand l’aube
se leva le monde avait changé.
Moi, Yaacov,
le mendiant, j’appris cette nouvelle
D’un homme
de Juda, pas plus qu’un étranger,
En allant au
marché pour tendre ma coupelle :
Il l’affirmait,
le Maître était ressuscité !
C’était le
ciel sur terre et j’ai pleuré de joie
De voir le
monde neuf et de ne plus douter !
Je voulais
qu’avec moi tout le marché le croie,
Que chacun
se réjouisse et se mette à chanter !
La crainte
de la mort qui pesait sur nos âmes
Dieu ne
venait-il pas soudain de nous l’ôter
Et la
miséricorde avait chassé le blâme....
III.
De ce jour
où Jésus, le Christ, ressuscita
Vous savez
que la mort n’anéantit nul homme
Et que l’amour
de Dieu, ce jour, vous racheta
Quoique de
vos péchés Il connût bien la somme
Aussi
réjouissez-vous et louez le Seigneur !
Si vous
tombez encor, vous ferez pénitence
Et vous
relèverez ayant au fond du cœur
Ce jour du
témoignage et de la délivrance.
vendredi 30 mars 2018
Le Samedi Saint.
Pour les siens, la nuit arrivée,
La peine n’est pas achevée,
Sur le calvaire où tout se tait
La souffrance du Seigneur l’est.
Ils se sont enfuis les apôtres
Et tous ceux qui suivaient Jésus ;
On se murmure l’un à l’autre :
« Aurions-nous eu tort d’avoir cru ? »
Et le chagrin a chassé l’espérance,
Le doute a remplacé la foi,
Certains se font des remontrances
Et certains ont renié leur choix.
La peine n’en laisse impavide
Aucun ; oui, tous sont malheureux,
Ils songent au sépulcre affreux
Mais où déjà la tombe est vide…
dimanche 27 mars 2016
Pâques.
Musée de l’œuvre Notre-Dame - Strasbourg.
Mon cœur est
avec Vous, Sainte Mère de Dieu,
Après cette
agonie, après cette souffrance,
Dans cette
nuit qui n’est pas encore espérance,
Mon cœur… Et
je voudrais tellement faire mieux !
Je voudrais
que des mots appropriés me viennent
Pour Vous
dire à la fois mon amour et ma peine
Mais que
seraient-ils donc ces mots devant la Croix
Et Votre
Fils mourant ? Des mots bien maladroits…
Et
qu’aurais-je donc pu sur le mont du Calvaire
Imaginer ou
dire et qu’aurais-je pu faire
Pour
partager un peu Votre immense chagrin
Sinon rester
là-bas, rester jusqu’à la fin,
Ne sachant
faire mieux, Vous tenir compagnie
Lorsque la
mort paraît triompher de la vie,
Que la terre
est glacée et l’horizon obscur,
Quand tout
semble si sombre et que plus rien n’est sûr ?
Attendre
auprès de Vous, pendant trois jours attendre
Et voir
auprès de Vous le plus beau des matins
Se lever sur
le monde et le genre humain
Et la mort
et le doute enfin réduits en cendres.
***
Le "Christ de Wissembourg" - Musée de l’œuvre Notre-Dame - Strasbourg.
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