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vendredi 29 juillet 2016

Après.



(Le Christ devant le sanhédrin.- Collégiale Saint-Salvi. - Albi. - Tarn.)



Longtemps tout va à peu près comme il faut,
Hier, aujourd’hui et demain se ressemblent,
Dieu c’est souvent comme un souci de trop ;
Ce n’est pas pour prier qu’on se rassemble.

On se sent de son temps et sûr de soi,
Plein de bons sentiments et surtout  libre ;
Qu’ils sont lointains et le temple et la Foi !
Prier ? Allons, nul n’a plus cette fibre !

Et puis voilà le malheur tout à coup :
L’atrocité du meurtre et de la guerre,
Tout s’effondre et bascule on se sait où ;
Combien s’en vont prier comme naguère ?

Combien retrouvent au fond de l’oubli
Ces mots anciens, ceux que l’on balbutie
Dans la détresse à l’heure où tout pâlit,
Et que retrouvant Dieu on le supplie ?
Très nombreux sommes-nous à faire ainsi
Depuis toujours et notre Dieu le sait,
Nous prions bien quand le malheur nous presse:
« Vous crierez vers Moi dans votre détresse,
Dit le Seigneur, et Je vous entendrai. »

Homme inconstant, rappelle-t’en après !

                               ***                                                       

En mémoire du Père HAMEL.

samedi 30 janvier 2016

Pour l'Amour de Dieu.







Vous ne savez pas à quel point
Quand on est seul on a besoin
Du moindre regard de passage ;
Un seul sourire qu’on partage
Et l’on retrouve le bonheur.
Cela vous semble peu de choses ?
C’est un trésor au fond du cœur
Dont chacun d’entre nous dispose
Et qu’il fait bon dilapider :
En le dépensant on l’augmente,
Il ne vous coûte rien d’aider
D’un mot un cœur dans la tourmente.
Faire un seul pas dans le désert
Afin d’y tenir compagnie
Un bref instant à qui s’y perd
Suffit à lui changer la vie,
Et il vous en coûte si peu !
Si vous saviez comme il est rude
Et comme il est amer ce lieu
Que l’on appelle « solitude » !
Qui de vous ne ferait l’aumône
Des quelques mots qu’au moins il peut
Et, quitte à rire de ce prône,
Que ce soit pour l’amour de Dieu.

                    ***

Sur la Messe de la Septuagésime (Graduel et Trait).






Seigneur, Vous êtes mon soutien
Comme Vous êtes mon refuge
Et mon espoir dans le besoin ;
S’il faut que mes péchés me jugent
Comment trouver grâce à Vos yeux ?
Vous êtes miséricordieux,
Daignez écouter ma prière
Et pardonner à ma misère ;
Daignez entendre cette voix
Qui crie vers Vous depuis l’abîme ;
Dans mon malheur écoutez-moi
Et daignez m’être magnanime.

Ils ne seront pas toujours oubliés,
Les malheureux ! Et tous les affligés
Verront que leur patience n’est pas vaine
Et ceux qui cherchent Dieu parmi leurs peines
Ne seront pas non plus abandonnés,
Et l’homme ne prévaudra pas ; venez,
Que Votre oreille entende ma prière ;
Si Vous regardez nos péchés, Seigneur,
Qui les niera et de quelle manière ?
C’est Votre amour qui sauve le pécheur !

                        ***
 

mardi 1 décembre 2015

Frère Ange (compagnon de la première heure de Saint-François d'Assise).






Voici, je m'appelle Ange et j'ai suivi François,
Et j'ai vu son amour et j'ai vu sa misère,
Je me suis enivré de la même prière
Et n'ai pas regretté, fusse un instant, mon choix.

Pauvre ainsi que le fut le Seigneur sur Sa croix,
Je fus un moine heureux près du saint qui naguère
Se dépouilla de tout, non pas pour vivre austère,
Mais pauvre sur la terre où les pauvres sont rois.

Je ne possède rien, pas même la mémoire
De ce père béni dont certains se font gloire
Et dont le souvenir en mille endroits se vend.

C'est dessus le marais qu'était la Portioncule
Et le monde triomphe et le marais s'étend;
Ange est un grand vieillard parfois bien ridicule...

                              ***