lundi 6 février 2017

En Somme - Méditation.





On a beau faire, on a beau dire,
On revient toujours au début
Avec la mort en point de mire,
La mort, car rien ne nous est dû.

Nous, pour nous-mêmes, ce mystère
D’une raison déraisonnable :
Si ce n’est Vous, Très Sainte Mère,
Qui donc nous sera secourable ?

Dans le silence des minuits
Savoir et nier me désolent,
C’est vivre heureux au fond d’un puits,
Vendre un diamant pour une obole.

Et nous Vous connaissons, ô Mère,
Et Votre Fils, et Sa parole,
Pourtant nous errons sur la terre
Comme des marcheurs sans boussole.

Mon « oui » ne demande qu’un pas,
Pourquoi m’est-il si difficile
De fuir ce que je n’aime pas
Et tout ce qui m’est inutile ?

Un pas, un seul qui me libère,
Si ce n’est Vous, Sainte Marie,
Qui me permettez de le faire,
Qu’espérer de mon incurie ?

L’indifférence dont on meurt,
Les mêmes jours qui se succèdent,
Ce que sans fin redit mon cœur
En espérant que je lui cède.

Mais cela ne fait pas un homme
Seulement un velléitaire
Et qui ne peut rien faire en somme
Sans que Vous l’aidiez, Sainte Mère.

                               ***

samedi 7 janvier 2017

Auprès d'un Ami Mourant...






Au moment où toutes choses
Sont devenues insignifiantes,
Avant qu’enfin l’on se repose
Dans la lumière chatoyante
De Votre éternité paisible,
Seigneur, nous manquons de patience
Et nous souffrons de maux horribles
Faute d’avoir un peu confiance.
Pour lui, pour nous, pour tous et moi,
Je vous en demande pardon.
Pardon pour cet immense effroi,
Pardon pour ce peu d’abandon,
Pardon pour cet espoir contraint
Qui nous vient plus de notre peur
Que de notre amour trop restreint,
Pardon d’avoir si peu de cœur
Et d’avoir si peu de raison
Tout comme de Foi dans le fond.

                               ***

lundi 26 septembre 2016

Notre Terre.



(Château de Chantilly.)

Sainte Mère de Dieu,
Douce Vierge, Reine des cieux,
Daignez jeter un regard sur la terre
Où Vous étiez naguère
Adorée en tous lieux.

Car Vous étiez partout
Et il n’était clocher en France
Qui ne sonnât joyeux pour Vous
Et ne Vous dît notre espérance
Et notre amour surtout !

Terre de nos tombeaux,
La terre aussi de notre enfance               ,
Qu’aiment d’un amour sans défaut,
Ô Patronne de France,
Ceux qui Vous sont dévots.

Une terre si belle
Où l’on vit tôt s’ancrer la Foi
Du Christ, cette Foi pour laquelle
Nous porterons Sa croix
Comme Il nous y appelle.

                               ***

mardi 23 août 2016

Les Cloches du Quinze Août.



(La Charité sur Loire.)



Les cloches d’août ont sonné pour la France,
Espoir, souvenir et souffrance ;
Souvenez-Vous  de nous, Mère de Dieu, 
Douce Vierge, Reine des cieux.

Nous Vous prions au hasard de la guerre,
Dans la peine, dans nos misères,
Voici le temps de nos tribulations,
Sainte Mère, nous Vous prions.

Temps de malheur, temps de l’incertitude,
Notre chagrin pour habitude,
Sainte Mère de Dieu, voici nos pleurs,
Nos douleurs et notre ferveur

Et la pauvre oblation de nos faiblesses,
Un triste amour dans la tristesse,
Ce peu de mots où il en faudrait tant
Et nos cœurs toujours inconstants.

Au long chemin d’oubli, si longue errance,
Le doute autant que l’impuissance ;
N’est-ce pas là le temps ? Souvenez-Vous !
Sainte-Mère priez pour nous.

Au quinze du mois d’août deux mille et seize,
Villes ou campagnes françaises,
Les cloches ont repris le même chant
Toujours familier et touchant.

Pour les entendre, ah, je fais la grimace,
Combien étions-nous sur la place ?
Mon cœur est triste et nous n’étions aucun
Ou peu s’en faut si ce n’est un.

Sainte Mère de Dieu, Fontaine de jouvence,
Est-ce toute la foi De France ?
Non, malgré tout, Vous savez bien que non,
Ô Miséricorde et Pardon,

N’entend - t’on pas, malgré ces apparences,
Les cloches sonner pour la France ?

                               ***