samedi 28 juillet 2018

Il y a quarante ans...




Le calme lentement revient dans nos esprits
Mais il reste pourtant dedans notre mémoire
Comme une cicatrice et nous avons appris
Qu’au cours d’une existence il est obligatoire
Que le plus grand malheur nous touche à notre tour
Et que la mort enfin sans partage domine.
Seigneur, Tu l’as voulu, j’enterre donc ce jour
Celui qui fut mon père et triste je m’incline.

                               ***        

samedi 19 mai 2018

Un délai.




Je vis, il faudra que je meure,
Je prie autant que je le peux,
Je vais et l’anxiété demeure ;
Du bien ? Je n’en ai fait que peu.

Si l’on me juge à mon mérite
Je ne pourrai pas protester ;
D’un coup l’espérance me quitte,
Mon cas sera vite traité.

Comment pourrai-je me défendre
Connaissant mon indignité ?
Je ne puis plus guère que me rendre
A l’évidence et regretter.

Ce soir, cette nuit qu’on m’accorde,
N’est-il pas temps d’en profiter
Pour implorer miséricorde
En tâchant de la mériter ?

                               ***

vendredi 30 mars 2018

Le Samedi Saint.




Pour les siens, la nuit arrivée,
La peine n’est pas achevée,
Sur le calvaire où tout se tait
La souffrance du Seigneur l’est.

Ils se sont enfuis les apôtres
Et tous ceux qui suivaient Jésus ;
On se murmure l’un à l’autre :
« Aurions-nous eu tort d’avoir cru ? »

Et le chagrin a chassé l’espérance,
Le doute a remplacé la foi,
Certains se font des remontrances
Et certains ont renié leur choix.

La peine n’en laisse impavide
Aucun ; oui, tous sont malheureux,
Ils songent au sépulcre affreux
Mais où déjà la tombe est vide…

                               ***