mardi 23 août 2016

Les Cloches du Quinze Août.



(La Charité sur Loire.)



Les cloches d’août ont sonné pour la France,
Espoir, souvenir et souffrance ;
Souvenez-Vous  de nous, Mère de Dieu, 
Douce Vierge, Reine des cieux.

Nous Vous prions au hasard de la guerre,
Dans la peine, dans nos misères,
Voici le temps de nos tribulations,
Sainte Mère, nous Vous prions.

Temps de malheur, temps de l’incertitude,
Notre chagrin pour habitude,
Sainte Mère de Dieu, voici nos pleurs,
Nos douleurs et notre ferveur

Et la pauvre oblation de nos faiblesses,
Un triste amour dans la tristesse,
Ce peu de mots où il en faudrait tant
Et nos cœurs toujours inconstants.

Au long chemin d’oubli, si longue errance,
Le doute autant que l’impuissance ;
N’est-ce pas là le temps ? Souvenez-Vous !
Sainte-Mère priez pour nous.

Au quinze du mois d’août deux mille et seize,
Villes ou campagnes françaises,
Les cloches ont repris le même chant
Toujours familier et touchant.

Pour les entendre, ah, je fais la grimace,
Combien étions-nous sur la place ?
Mon cœur est triste et nous n’étions aucun
Ou peu s’en faut si ce n’est un.

Sainte Mère de Dieu, Fontaine de jouvence,
Est-ce toute la foi De France ?
Non, malgré tout, Vous savez bien que non,
Ô Miséricorde et Pardon,

N’entend - t’on pas, malgré ces apparences,
Les cloches sonner pour la France ?

                               ***                                       


vendredi 29 juillet 2016

Après.



(Le Christ devant le sanhédrin.- Collégiale Saint-Salvi. - Albi. - Tarn.)



Longtemps tout va à peu près comme il faut,
Hier, aujourd’hui et demain se ressemblent,
Dieu c’est souvent comme un souci de trop ;
Ce n’est pas pour prier qu’on se rassemble.

On se sent de son temps et sûr de soi,
Plein de bons sentiments et surtout  libre ;
Qu’ils sont lointains et le temple et la Foi !
Prier ? Allons, nul n’a plus cette fibre !

Et puis voilà le malheur tout à coup :
L’atrocité du meurtre et de la guerre,
Tout s’effondre et bascule on se sait où ;
Combien s’en vont prier comme naguère ?

Combien retrouvent au fond de l’oubli
Ces mots anciens, ceux que l’on balbutie
Dans la détresse à l’heure où tout pâlit,
Et que retrouvant Dieu on le supplie ?
Très nombreux sommes-nous à faire ainsi
Depuis toujours et notre Dieu le sait,
Nous prions bien quand le malheur nous presse:
« Vous crierez vers Moi dans votre détresse,
Dit le Seigneur, et Je vous entendrai. »

Homme inconstant, rappelle-t’en après !

                               ***                                                       

En mémoire du Père HAMEL.

vendredi 20 mai 2016

Demandez...



(Château de Chantilly.)

 
Non, Seigneur, je ne suis pas digne
Ni de travailler à Vos vignes,
Ni que Vous entriez chez moi.
Je sais le bien que je Vous dois
Comme Vos innombrables grâces,
Et combien sans doute je lasse
Votre patience et Votre amour
Par ma paresse chaque jour,
Par ma fréquente impénitence,
Ma tiédeur, mon indifférence
Et la faiblesse de ma Foi.
Seigneur, délivrez-moi du poids
Si lourd de ma propre sottise,
Faites qu’enfin je réalise
Ce que Vous m’avez demandé :
Aimer en toute humilité.

                               ***                      

dimanche 27 mars 2016

Pâques.



 Musée de l’œuvre Notre-Dame - Strasbourg.


Mon cœur est avec Vous, Sainte Mère de Dieu,
Après cette agonie, après cette souffrance,
Dans cette nuit qui n’est pas encore espérance,
Mon cœur… Et je voudrais tellement faire mieux !

Je voudrais que des mots appropriés me viennent
Pour Vous dire à la fois mon amour et ma peine
Mais que seraient-ils donc ces mots devant la Croix
Et Votre Fils mourant ? Des mots bien maladroits…

Et qu’aurais-je donc pu sur le mont du Calvaire
Imaginer ou dire et qu’aurais-je pu faire
Pour partager un peu Votre immense chagrin
Sinon rester là-bas, rester jusqu’à la fin,

Ne sachant faire mieux, Vous tenir compagnie
Lorsque la mort paraît triompher de la vie,
Que la terre est glacée et l’horizon obscur,
Quand tout semble si sombre et que plus rien n’est sûr ?
        
Attendre auprès de Vous, pendant trois jours attendre
Et voir auprès de Vous le plus beau des matins
Se lever sur le monde et le genre humain
Et la mort et le doute enfin réduits en cendres.

                       ***


Le "Christ de Wissembourg" - Musée de l’œuvre Notre-Dame - Strasbourg.

mercredi 2 mars 2016

Prière d'après le "Souvenez-Vous" attribué à Saint-Bernard.






Souvenez-Vous, Très Miséricordieuse Mère,
Que l’on n’a jamais entendu dire qu’aucun
De ceux qui Vous ont implorée dans leur misère
Et appelée, ait été trouvé importun,
Que Vous lui ayez refusé Votre assistance,
Vos bienfaits, Votre grâce ou Votre protection.
Je viens, animé de la même confiance,
Jusqu’à Vos pieds, le cœur plein d’affliction,
Mère de Dieu, ne méprisez pas mes prières
Et malgré mon indignité, écoutez-les
Favorablement. Ô Sainte Vierge de lumière,
Mon espoir est en Vous, daignez me consoler.

Et l’auteur de ceci vient porter témoignage 
Il Vous pria ainsi, rien ne lui était du,
Il ne méritait rien, n’était ni pieux, ni sage,
Il Vous a dit ces mots, Vous l’avez entendu.

                           ***