samedi 8 août 2015

Aux Jours Difficiles.






Sainte Marie, Mère de Dieu,
Ces jours sont des jours difficiles,
Plutôt que d’y penser, au lieu
D’avoir des larmes inutiles,
Je vais venir auprès de Vous
Partager un peu de silence.
Ce malheur dont Vous savez tout
S’en va perdre en Votre présence
Son poids de peine et de chagrin.
Je Vous redirai la prière
Que l’on murmure grain par grain,
Douce invocation singulière
Des bons comme des mauvais jours ;
Je viendrai vers Vous, Sainte Mère,
Et si mes mots sont un peu courts
Mon amour sera moins sommaire.

                    ***
 

dimanche 21 juin 2015

L'Epreuve et l'Espérance.





Enfant, que le soleil illumine ton cœur :
Les épreuves sont faites
Pour être surmontées ;
C’est la voie attestée
Pour parvenir au faîte.
Quel trésor est ce mal dont tu n’es pas l’auteur !

Vers cet horizon noir, va, chemine sans peur
Mais avec l’Espérance
Pour combler Mon attente ;
Rejette en ta souffrance
La fureur qui te tente.
Je suis ta Mère, enfant, et Dieu, ton protecteur.

Et nul n’est oublié qui se fie au Seigneur
Et l’acier de la chaîne
Et le nœud de la corde
Sont des entraves vaines
A Sa miséricorde
Et, Moi, ta Mère, enfant, je sècherai tes pleurs.

                        ***

jeudi 26 mars 2015

Au Chemin de Pâques.






Prenez le jour qui vient, qui vient et qui s’en va,
Penserez-vous à Qui mourût et vous sauva ?

L’heure vaut-elle mieux qu’un petit grain de sable
Qui ne vous laisse rien et fuit entre vos doigts ?
L’esprit n’est qu’un boiteux, la chair est périssable ;
Commère et vous compère, avez-vous le cœur droit ?

Prenez le jour qui vient, qui vient et qui s’en va,
Penserez-vous à Qui mourût et vous sauva ?


Long chemin, il est vrai, d’ici jusqu’à l’église ;
Marchez, marchez, il faut aller là-bas
Où des choses se font, où des choses se disent
Qui méritent, mon fils, qu’on allonge le pas.

Prenez le jour qui vient, qui vient et qui s’en va,
Penserez-vous à Qui mourût et vous sauva ?

Avril est un mois froid, voici la nuit qui tombe,
Comment arriverais-je où je n’arrive pas ?
Marchez, marchez toujours car marcher vous incombe,
Pour ce qu’Il fît pour vous faites encore un pas.

Prenez le jour qui vient, qui vient et qui s’en va,
Penserez-vous à Qui mourût et vous sauva ?

Un pas au nom du Christ, pour l’amour de Marie
Qui vous Le mît au monde et pour vous Le perdît,
Un pas de plus afin que l’aube vous sourie,
L’aube qui va chasser l’ombre du vendredi.

Prenez le jour qui vient, qui vient et qui s’en va,
Penserez-vous à Qui mourût et vous sauva ?

                            ***



mercredi 25 mars 2015

La Complainte Anonyme.






Du temps que passons ici-bas,
Mon cœur, qu’avons-nous fait qui vaille ?
Nos jours se rendent sans combat,
La trame s’en perd maille à maille,
La main nous défaut en tremblant,
Voilà que le poil nous grisonne,
On nous voit marcher à pas lent
Et même notre cœur raisonne.
L’esprit et le corps sont faillis,
Il ne nous ne reste plus qu’une âme,
Si quelques feux en ont sailli,
Ils brillent de petite flamme,
Ils apportent peu de chaleur
Dans cet hiver qui nous réclame,
S’il faut en juger la valeur
C’est celle d’un tronçon de lame,
D’un pichet de terre ébréché,
D’une chapelle sans verrières,
D’un pauvre champ déjà fauché,
D’une chandelle sans lumière.
Si sommes au pire voué
Où vont gens de sac et de corde,
Cil[1] qui pour nous fut encloué
Nous doint[2] pourtant miséricorde,
Nous qui, marris, l’en requérons,
Au nom de la Vierge Marie
Qu’avons prié et prierons
Sans faute ne trigauderie[3].


[1] Cil : Celui.
[2] Doint : donne.
[3] Trigauderie : action de trigaud : personnage brouillon, barguigneur, qui n’agit point franchement (Dictionnaire de Furetière).